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Les ingrédients cosmétiques cancérigènes à éviter absolument

Ecrit le 03.Feb.21 par Anne-Marie GABELICA — Mis à jour le 10.Feb.21


Chaque année près de 400.000 cancers sont détectés en France. Dont 40% seraient liés à des causes dites évitables bien connues : tabac, alcool, mauvaise alimentation, manque d’exercice… Mais on sait moins que les ingrédients cosmétiques peuvent aussi nous exposer au cancer. Explications.

Ingrédients cosmétiques cancérigènes : quels risques ?

Qu’est-ce qu’un ingrédient cosmétique cancérigène ?La définition est plutôt simple : un ingrédient qui peut favoriser l’apparition d’un cancer. En provoquant des mutations génétiques sur nos cellules qui vont alors littéralement perdre la tête ! Développement désordonné et invasif, blocage à un stade immature non fonctionnel, réponses immunitaires inappropriées, non prise en compte des signaux leur indiquant de mourir… : ces cellules deviennent cancéreuses, finissent par former une tumeur qui se développe.


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Le Règlement Européen identifie des ingrédients cosmétiques cancérigènes :

possibles : les soupçons doivent inciter au principe de précaution

probables aux effets délétères pas totalement démontrés chez l’homme mais avérés en laboratoire

avérés quand il n’y a aucun doute (un point de comparaison hors cosmétiques : amiante ou fumée de tabac sont des cancérigènes avérés…).

Les ingrédients cosmétiques cancérigènes sont-ils réellement problématiques ?Selon vos sources d’information, vous oscillerez entre alarmisme et relativisme… Difficile de savoir à quoi s’en tenir. On joue à vrai ou faux ?

Les cosmétiques ne posent pas de soucis grâce à leur usage externe : FAUX !

La peau n’est pas une barrière étanche : les cosmétiques font même de leur pénétration un argument commercial. Certaines substances traversent la couche cornée pour se diffuser plus profondément via nos cellules, le ciment intercellulaire, nos follicules pilo-sébacées et canaux sudoripares. Certaines zones (muqueuses, aisselles, visage), les peaux sèches, irritées par l’eczéma, l’épilation ou des cosmétiques et gestes décapants sont particulièrement perméables.

Les ingrédients cosmétiques cancérigènes sont strictement encadrés en Europe : VRAI ET FAUX

La législation européenne sur les ingrédients cosmétiques, réputée la plus stricte au monde, interdit effectivement les ingrédients présentant un risque cancérigène… en principe. Dans les faits des ingrédients cosmétiques cancérigènes possibles sont autorisés dans des limites de concentration et d’usage précisément encadrées. Des cancérigènes suspectés et même avérés peuvent se retrouver dans vos cosmétiques s’ils sont par ailleurs naturellement présents dans des produits alimentaires et n’ont pas de substitut.

De toute façon leurs concentrations sont limitées dans les cosmétiques : Oui mais…

Avec les substances cancérigènes ce n’est pas la dose qui fait le poison mais la fréquence, la durée et le moment de l’exposition. Ni effet de seuil ni concentration vraiment critique : certains comme les perturbateurs endocriniens sont même plus nocifs à très faible dose ! Leur simple présence dans des cosmétiques appliqués quotidiennement pendant des années est problématique.


4 ingrédients cosmétiques cancérigènes à éviter absolument


Oui : vos cosmétiques peuvent tout à fait légalement contenir des ingrédients cancérigènes. Pire, en 2018, l’Agence européenne des produits chimiques établissait qu’un produit sur 4 contenait des ingrédients cosmétiques interdits et la DGCCRF retire régulièrement des dizaines de produits non conformes... Alors, à quoi faire particulièrement attention ?

Les parabens

Il y a quelques années, on trouvait ces conservateurs antibactériens bon marché et efficaces dans plus de 80% des cosmétiques. En remplacement des formaldéhydes, jugés trop nocifs pour la santé et cantonnés aujourd’hui aux vernis à ongles. Ironique quand on pense que les parabens sont devenus le symbole des scandales sanitaires cosmétiques...

Le scandale a éclaté lorsqu’une étude détectant la présence de parabens dans les tissus de patientes souffrant de cancers du sein a soupçonné une source cosmétique : les déodorants. Aujourd’hui leur utilisation en tant qu’ingrédient cosmétique est réglementée mais pas forcément interdite.

Isobutylparaben, isopropylparaben, benzylparaben, pentylparaben et phenylparaben sont interdits pour leurs effet oestrogénique avéré, facteur de risque pour le cancer du sein. D’autres sont a priori moins dangereux mais tout n’est pas tranché et revirements, incohérences et méconnaissance de leur effet cocktail incitent à la plus grande prudence. Butylparaben et propylparaben, par exemple, considérés comme des perturbateurs endocriniens restent autorisés à 0,14% maximum. Ils ont fini par être interdits dans les produits sans rinçage pour le des moins de 3 ans. Uniquement s’ils sont à destination du siège. Pour les mains, le visage ? Aucun problème…

Notre conseil ? Fuyez tous les parabens, facilement reconnaissables par leur nom.


Le phénoxyéthanol

Le sans paraben est aujourd’hui un argument de vente. On peut s’en réjouir mais il faut surtout s’en méfier. Car leurs remplaçants, dans les cosmétiques conventionnels, ne sont guère mieux… voire pire ! Le phénoxyéthanol notamment : peu de cosmétiques conventionnels ne contiennent pas ce conservateur de la famille des éthers de glycol. Mais aussi des médicaments, vaccins, peintures, produits d’entretien, colles, textiles… : l’effet cocktail est maximum !.

Cancérigène suspecté pour le foie, l’appareil reproductif et les seins, le phénoxyéthanol a une excellente pénétration cutanée et passe même le placenta. Une fois métabolisé par notre organisme il produit un acide phénoxyacétique toxique pour le système nerveux, le foie et le sang.

Aujourd’hui le phénoxyéthanol est autorisé en tant qu’ingrédient cosmétique dans des concentrations jusqu’à 1%. Mais l’ANSM française insiste depuis des années auprès des instances européennes pour son interdiction totale dans les soins sans rinçage du siège des bébés et sa limitation à 0,4% dans tous les cosmétiques destinés aux moins de 3 ans…

Nos recommandations ? Traquez-le dans la liste de vos ingrédients cosmétiques : phénoxyéthanol, EGPhe ou phénoxytol ? On oublie !


L’Aluminium

En cosmétique, l’Aluminium se rencontre principalement sous la forme de sels d’aluminium dans certains produits de maquillage ou solaires mais surtout dans les déodorants et anti-transpirants : ils sont astringents et redoutables pour capter l’eau.

Mais il est surtout suspecté de favoriser le cancer du sein… particulièrement sous la forme de sels qui pénètrent exceptionnellement bien la barrière cutanée.

Leur toxicité n’est avérée qu’à partir d’un certain seuil… incertain, régulièrement abaissé (0,6% actuellement) et rarement respecté : certains antitranspirants en contiennent jusqu’à 20% ! C’est d’autant plus problématique que les aisselles à la peau fine souvent épilée sont hyper-perméable et un carrefour de notre système lymphatique.

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Conclusion, on zappe totalement l’aluminium dans nos cosmétiques : Aluminium chlorohydrate, Aluminium zirconium tetrachlorohydrex GLY. Sans pour autant renoncer à l’efficacité : notre déodorant oOlution Keep Cool ne contient aucune trace d’Aluminium.


Les perturbateurs endocriniens

Les tristement célèbres perturbateurs endocriniens se fixent sur nos récepteurs hormonaux, imitent nos hormones naturelles et provoquent des réponses inappropriées de notre organisme, nocives pour notre santé. Notamment des pubertés précoces qui accroissent les risque de cancers hormonodépendants du sein, de la prostate ou des testicules… Avec des effets qui se transmettent sur plusieurs générations comme l'illustrent les malformations de l'appareil reproductif et cancers du sein de filles, petites-filles et même arrière-petites filles de femmes ayant pris du Distilbène pour éviter les fausses couches jusqu’en 1977…

40% des cosmétiques en contiendraient au moins un, quasiment tous les cosmétiques conventionnels. Et cela va des vernis aux dentifrices en passant par les parfums, teintures, hydratants, shampoings, déodorants…

La difficulté : il existe plus d’un millier de perturbateurs endocriniens dans notre environnement ! En cosmétique ? Butylparaben, propylparaben et phénoxyéthanol, silicones, phtalates, triclosan, alkylphénols, parfums synthétiques, certains filtres anti-UV chimiques pour les plus connus… Les sels d'aluminium sont suspectés de pouvoir intégrer cette liste…



Eviter tous les ingrédients cosmétiques cancérigènes : est-ce possible ?

Dresser une liste exhaustive et définitive des ingrédients cosmétiques cancérigènes est impossible. Contrairement aux ingrédients irritants ou allergisants, leurs effets ne sont pas perceptibles. Surtout, ils sont différés : de l’utilisation d’un nouvel ingrédient cosmétique révolutionnaire à la certitude de son effet cancérigène, il peut se dérouler des dizaines années. Bref, nous jouons les apprentis sorciers avec de véritables bombes à retardement sanitaires.

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Le principe de précaution s’impose :

Un ingrédient n’est pas démontré sans danger ? C’est non !

Prudence x 100000 pendant la grossesse et l’allaitement, chez les plus jeunes à la peau hyper perméable, à l’adolescence ou si vous souffrez ou avez déjà souffert d’un cancer.

Méfiez-vous particulièrement de certains cosmétiques : : les vernis et colorations capillaires, concentrés de substances problématiques, les produits sans rinçage et ceux appliqués sur des zones particulièrement perméables et sensibles : lingettes imbibées pour le siège ou les yeux, rouges à lèvres et surtout déodorants.

Fiez-vous à des cosmétiques réellement 100% naturels et bio comme nos soins oOlution plutôt qu’à des listes de sans parfois trompeuses. Une mention sans parabens et sans sels d’aluminium ne garantit pas un déodorant sans conservateurs ni parfums synthétiques. Un déodorant à la pierre d’alun contient… des sels d’aluminium.

Apprenez à décortiquer les étiquettes en gardant en tête que, contrairement à certains ingrédients, leur place dans la liste INCI importe peu : leur présence est disqualifiante quelle que soit leur concentration.

Préférez des flacons airless ou des galéniques solides lorsque c’est possible (et souhaitable pour la peau : savon saponifié à froid, déodorant solide naturel) : ils permettent de limiter le recours aux conservateurs.



Mais n’est-ce pas vain ? Produits phytosanitaires, plastiques, médicaments, textiles, alimentation, air… : impossible, aujourd’hui, de se tenir à l’écart de toute substance cancérigène. Bien sûr, rayer le phénoxyéthanol de votre déodorant n’est pas une assurance anti-cancer mais éviter chaque substance cancérigène évitable éloigne un peu le risque. Et c’est particulièrement facile dans les cosmétiques !