phenoxyethanol

Phénoxyéthanol : 3 bonnes raisons de le fuir !

Par le 16 août 2020

Modifié le 02 septembre 2020

Le phénoxyéthanol… Si ce nom vous parle, vous savez certainement qu’il n’est pas hyper fréquentable. Disons les choses franchement : le phénoxyéthanol est même un ingrédient à bannir totalement de tous vos cosmétiques. Explications.

 

Moins pire qu’un autre, le phénoxyéthanol ? 

 

Le phénoxyéthanol est un conservateur antibactérien et antimicrobien également utilisé comme solvant fixateur de parfums et stabilisant. Il existe à l’état naturel (dans le thé vert, notamment), mais c’est toujours sa version synthétique que vous retrouvez dans vos cosmétiques conventionnels. Un pur produit de l’industrie pétrochimique : un éther de glycol. Une grande famille dont beaucoup de membres sont carrément interdits dans les produits de consommation courante. 

 

Le phénoxyéthanol est très (très !) courant. Crèmes, shampoings, laits, maquillages et parfums, colorations, vernis, savons, lingettes… : un tiers des cosmétiques vendus en France en contiennent. Pourquoi lui ? Les conservateurs, ce n’est pas ce qu’il manque ! 

 

Si l’industrie cosmétique l’adore c’est avant tout pour des raisons économiques : très stable, sans odeur, il est facile à intégrer dans les formulations. Et, surtout, très bon marché. Mais les industriels nous affirment que c’est aussi pour notre bien : il serait moins pire que d’autres… Et voilà notre phénoxyéthanol consacré conservateur de choix des cosmétiques qui s’affichent fièrement sans parabens. Mmmmh…

 

Oui, il faut bannir le phénoxyéthanol : la preuve par 3 

 

Un progrès, le phénoxyéthanol ? Non : un scandale sanitaire ! A mettre urgemment sur votre liste des conservateurs… à ne pas conserver. 

 

  • Pour l’environnement : un explosif cocktail polluant 

 

Comme tous les éthers de glycol, le phénoxyéthanol est un ingrédient polluant et toxique. Issu du pétrole, bien sûr, mais aussi éthoxylé. Le problème ? Son mode de production. 

 

L’éthoxylation, désastreuse pour l’environnement au point d’être interdite par les labels bio comme BDIH ou Nature&Progrès, est une succession de réactions chimiques à base d’oxyde d’éthylène. Et franchement, on n’envie pas les travailleurs qui le manipulent : polluant, hyper inflammable et même explosif à l’air, cancérigène prouvé, génotoxique, irritant pour la peau (même à travers les vêtements !), les yeux et les voies respiratoires, délétère pour le système nerveux et le cerveau où il impacte mémoire, concentration et coordination main-œil… Beau palmarès ! 

 

Pour produire le phénoxyéthanol, il faut encore du phénol : hautement toxique notamment par voie cutanée pour les êtres vivants, écotoxique pour l’air, l’eau et les sols. Bien sûr, l’ensemble du processus est hyper énergivore, avec des températures et pressions très élevées. 

 

Ajoutez enfin que le phénoxyéthanol, très peu biodégradable comme les autres éthers de glycol, se retrouve dans nos eaux, même après traitement. On peut considérer que c’est un carton plein, non ? 

 

  • Pour votre peau : irritations et allergies au programme

 

Ces arguments ne vous suffisent pas ? Sachez qu’avec le phénoxyéthanol vous ne faites en plus pas de bien à votre épiderme ! 

 

Peu étonnant, au regard de ses ingrédients, il est irritant. Déjà pas terrible pour un ingrédient cosmétique. Mais il est aussi susceptible d’entraîner des allergies de contact, eczéma et urticaire. Redoublez de prudence en cas de terrain allergique, peau fragile ou intolérante, mais gardez en tête que personne n’est à l’abri. On ne se sait pas allergique tant qu’on ne l’est pas : dormante dans vos gênes pendant des années, une allergie peut se réveiller soudainement… pour ne plus jamais vous quitter. 

 

Et il ne s’agit pas de simples suspicions : le phénoxyéthanol est un allergène reconnu, avec des cas de sensibilisation cutanée d’autant plus fréquents que l’exposition est régulière. Rappelez-vous à quel point il est fréquent dans des cosmétiques que nous utilisons au quotidien… D’autant plus problématique qu’il est très courant dans les produits sans rinçage : il reste sur la peau où il a tout loisir d’agir.

 

Enfin, pour parachever son œuvre, en irritant la peau le phénoxyéthanol la rend plus perméable. Et ouvre la voie à toutes les substances nocives pour la santé qui l’accompagnent. Parmi lesquelles il a lui-même une place de choix.

 

  • Pour votre santé et celle de bébé : toxique et perturbateur endocrinien 

 

Moins médiatisé que les parabens, le phénoxyéthanol n’a pourtant pas à rougir de son palmarès sanitaire. 

 

Ce qu’on sait avec certitude ? Parfaitement absorbé par la voie cutanée et métabolisé par notre organisme en un acide phénoxyacétique, il est neurotoxique et toxique pour le foie et le sang. Cancérigène suspecté notamment pour l’appareil reproductif, perturbateur endocrinien, il est mis en cause dans des infertilités masculines et irrégularités des cycles féminins, les pubertés trop précoces (sources de risques psychologiques, cardiovasculaires et de diabète), malformations congénitales et troubles neurologiques chez le fœtus, augmentation du risque de fausse couche et de prématurité, maladies neurodégénératives… Prudence renforcée pendant la grossesse, en phase de conception et, bien sûr, pour les bébés et jeunes enfants

 

Preuve que le sujet n’est pas à prendre à la légère, les autorités de santé françaises sont depuis longtemps très alarmistes pour les moins de 3 ans en raison de leur peau beaucoup plus perméable et d’un seuil de tolérance au phénoxyéthanol beaucoup moins élevé. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament demande depuis des années aux instances européennes une limitation stricte du phénoxyéthanol : 0,4% maxi dans les produits destinés aux enfants, interdiction totale dans les soins du siège (les fameuses lingettes notamment). En vain. Tous les cosmétiques vendus dans l’Union peuvent toujours contenir jusqu’à 1% de phénoxyéthanol. Et l’ANSM a dû s’incliner, obligée légalement de retirer ses recommandations plus protectrices…

 

Pourtant, même chez l’adulte, ce taux pose problème : il néglige l’effet cocktail. Or, les études sont unanimes, c’est l’exposition répétée, même à petites doses qui fait le danger. Multipliez-le par le nombre de cosmétiques quotidiens. Ajoutez produits pharmaceutiques, vaccins, peintures, vernis, encres, produits d’entretien et industriels, colles, textiles, insecticides etc, qui en contiennent… Aïe. 

 

Le phénoxyéthanol : dangereux mais facilement évitable

 

Aujourd’hui, malgré 20 ans d’alerte, rien n’incite les fabricants à bannir le phénoxyéthanol. Pourtant, des études mettent régulièrement en évidence l’inquiétante sur-imprégnation de la population par les éthers de glycol, au premier rang desquels notre phénoxyéthanol… Et la voie cutanée est leur principal mode de pénétration ! La seule solution : le bannir par nous-mêmes. Et bonne nouvelle : c’est plutôt simple.

 

Car le phénoxyéthanol est autorisé, oui, mais identifié comme dangereux. Donc encadré. Il doit apparaître clairement sur les listes INCI : phénoxyéthanol, phénoxytol, EGPhE ou 2-phénoxyéthanol. Concernant les lingettes bébé, l’ANSM a même durci le ton début 2019 : les industriels doivent clairement indiquer sur les packagings que leurs lingettes ne peuvent être utilisées pour les moins de 3 ans si elles contiennent du phénoxyéthanol. Un bon début.

 

Attention cependant aux cosmétiques contenant des parfums synthétiques : le phénoxyéthanol, utilisé pour dénaturer leur alcool, y avance souvent masqué derrière l’appellation Parfum ou Fragrance. Fuyez tous les cosmétiques conventionnels parfumés, tout particulièrement pour les bébés, enfants et femmes enceintes. 

 

Soyez particulièrement prudent.e avec les produits sans rinçage, et pas seulement pour les bébés. Et bannissez les lingettes imprégnées ! Appliquer une substance nocive pour le système hormonal directement sur les parties génitales des plus petits, sans rinçage, plusieurs fois par jour, simplement pour nous simplifier la vie… est-ce vraiment indispensable ? Sans parler de leurs déchets et de toutes les autres substances pour lesquelles le signal d’alarme n’a pas forcément encore été tiré. D’autant que l’absence de phénoxyéthanol ne vous préserve pas forcément d’autres conservateurs nocifs comme le BHT par exemple… 

 

Le pire dans cette histoire ? Le phénoxyéthanol n’a rien d’incontournable. Il est très facilement substituable : les cosmétiques bio ou 100% naturels y arrivent très bien ! Quantité d’autre conservateurs naturels, sains, respectueux de la peau, de notre santé et de l’environnement remplissent cette mission au moins aussi bien que lui. 

 

Les labels bio vous garantissent l’absence de phénoxyéthanol, mais pas forcément des cosmétiques réellement 100% naturels et sains. Oubliez la Norme cosmétique naturelle ISO 16128 : elle autorise carrément le phénoxyéthanol ! On y revient toujours : pour vous assurer que votre cosmétique naturel ne vous entourloupe pas en mode greenwashing, rien de tel que décortiquer sa composition. 

 

Chez oOlution, nous utilisons des conservateurs exclusivement naturels (et excluant tout recours à l’huile de palme, ce qui n’est pas le cas de tous les cosmétiques naturels, attention) : vitamine E ou Tocophérol naturellement présente dans les huiles végétales, acide phytique issu de végétaux (avoine de blé, d’orge…). Des conservateurs qui sont aussi des actifs anti-âge, réparateurs et antioxydants de choix pour votre épiderme. Un choix éthique qui complique les formulations et augmente les coûts de revient. Mais nous ne nous voyions pas faire autrement ! 

Avec ses arguments économiques, le phénoxyéthanol n’est hélas pas près de disparaître des listes INCI. Tant qu’il sera autorisé, les industriels n’ont aucune raison de s’en passer… à moins qu’on ne les touche au porte-monnaie en refusant de consommer des produits qui en contiennent. A nous de jouer : be the change ! 

 

   

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À propos de l'auteur


Anne-Marie Gabelica
Ingénieure agronome diplômée en biochimie, Anne-Marie Gabelica a fait ses armes dans le secteur des cosmétiques durant 7 ans. Convaincue qu'une alternative au modèle actuel des cosmétiques (promesses marketing illusoires, manque de diversité dans les actifs, ingrédients inutiles et/ou dangereux, omniprésence des dérivés d'huile de palme) est possible, elle prend le chemin de l’entrepreneuriat militant. Anne Marie fonde alors oOlution pour réconcilier le bon pour soi et le bon pour tous.   Retrouvez chaque semaine les conseils d'Anne-Marie dans l'émission La Quotidienne sur France 5, disponible en replay juste ici ! Suivez son actualité sur sa page Facebook et sur Twitter @AMGabelica.

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Avec plus de 65 actifs végétaux bio, les soins visage oOlution s'adaptent sur mesure aux besoins de chaque peau. Les formules 100% d'origine naturelle, garanties sans aucun ingrédient de remplissage (0% d'huiles hydrogénées ou estérifiées) sont aussi les premières à exclure tous les dérivés de l'huile de palme pour préserver la biodiversité.
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