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L’avant, pendant et après confinement vu par Anne-Marie Gabelica

Par le 11 mai 2020

Modifié le 25 mai 2020

Je ne sais pas vous, mais cette période de confinement m’a beaucoup fait réfléchir sur les 10 ans passés… et les 10 à venir.
 
Retour en 2010, je quitte un poste confortable dans un grand groupe pour vivre en accord avec mes valeurs, créer des produits qui n’existaient que dans mes rêves (les plus fous), partager mes connaissances sur les produits cosmétiques pour permettre à tous de faire des choix en conscience et alerter de l’impact de l’industrie de la beauté sur notre environnement. Avais-je peur à l’époque ? Non. Honnêtement, non. Cette aventure dans laquelle je me lançais me paraissait une évidence.
 
Bien-sûr, les mois passant (37 exactement entre mon départ et le lancement d’oOlution), j’ai douté. Est-ce que j’arriverai à créer des produits aussi extraordinaires que je le souhaitais pour la peau de chacun (100% naturels, avec une variété inouïe en ingrédients bénéfiques et bio, sans dérivés d’huile de palme…) ? Bien des fois, je me suis demandée si mon idéalisme n’était pas exagéré. Si mon ambition n’était pas trop grande ? S’il ne fallait pas accepter certains compromis ?
 

10 ans plus tard

 
J’ai trouvé mes réponses à ces questions : l’idéalisme, les rêves, sont une lumière indispensable pour nous guider vers ce qui est juste. Parfois, cependant, ils peuvent nous faire perdre pieds. Ainsi, oOlution a failli ne jamais voir le jour car je ne voulais pas utiliser de plastiques traditionnels pour nos crèmes mais des plastiques biodégradables. J’ai cherché dans le monde entier des solutions et me suis heurtée à des impossibilités technologiques, toujours pas levées depuis. Je me disais : je ne ferai rien plutôt que de ne pas faire parfaitement. Jamais je ne me suis sentie plus seule qu’à ce moment-là… Le doute, le désespoir, l’ébauche d’un regret : « mais qu’est-ce que j’ai fait ? »….
 
Puis, j’ai accepté l’idée que tout ne pouvait pas être parfait tout de suite. Les rêves oui, les compromis jamais, mais sans pour autant oublier le pragmatisme de l’action. OK les packagings n’étaient pas aussi parfaits que je me l’imaginais, mais que pouvais-je faire pour qu’ils soient meilleurs que l’existant ? Et hop, me voilà chez l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) pour initier notre étude d’éco-conception qui m’a permise de choisir en connaissance de cause des options d’emballage les moins mauvaises. Des emballages dont je pourrais expliquer le choix en étant parfaitement à l’aise avec ma conscience (mon juge le plus impitoyable ;)).
 
Je n’ai jamais pour autant oublié qu’il fallait améliorer cet aspect de nos produits, et il n’a pas fallu moins de 8 ans pour améliorer encore notre impact environnemental grâce à ma superbe équipe ! Et voilà que naît la consigne :) Nous récupérons nos flacons pour les faire re-remplir et ainsi diminuer drastiquement nos déchets. Votre accueil de cette initiative a été incroyable. Vous attendiez vraiment cela de notre part, vous aviez confiance que nous continuerions de nous améliorer. Cette confiance me touche au delà des mots, sans parler des centaines de flacons que vous nous avez déjà renvoyés !
 
10 ans d’espoir, de doutes, de joies, et finalement la conviction en moi, qu’aucune ambition n’est trop grande si elle est au service du bien commun. Qu’il faut accepter d’avancer par étape, mais avancer toujours. Rester lucide sur les moments d’intransigeance nécessaire et les moments où la souplesse est de mise. Ne jamais oublier pourquoi l’on fait ce que l’on fait, être au plus près de cette émotion qui nous a fait changer de vie, qui nous fait vibrer et se sentir utile.
 

Alors quoi maintenant ?

 
Le confinement m’a fait aussi réfléchir à la vie d’après, d’autant plus que je suis maman de deux très jeunes enfants. Les débuts de cette pandémie ont eu pour moi un caractère surréaliste. Non, Anne-Marie, ce n’est pas un film catastrophe, c’est la vraie vie-là ! Ce n’est pas tant que j’ignorais la possibilité d’une épidémie (peste, grippe espagnole & co), mais pour autant j’avais du mal à croire que cela nous arrive vraiment. Cela me paraissait aussi impensable, j’ai eu du mal à accepter cette réalité.
 

Et puis, j’ai compris. Un coup de massue pile dans mes tripes.

 
Nous n’allons plus jamais vivre « comme avant ». Faire comme si l’impensable ne pouvait arriver, c’est fini. Et quel est le dernier bastion d' »impensable » ? Sans conteste, le dérèglement climatique. Nous savons tous que le climat change mais pour autant, nous ne voulons pas penser à la catastrophe qui se profile, elle reste « impensée » dans un grenier de notre esprit. Ce que nous a fait vivre le confinement, cette pause de nos déplacements, de l’économie toute-puissante, ce retour en force des autres habitants de la Planète que nous asservissons et/ou détruisons, cet air à nouveau pur, sont un message. Il faut accepter de renoncer à certaines choses, moi la première. Comment pourrais-je désormais dire sans arrière-pensée : « j’adore les voyages ! » en ignorant les tonnes de CO2 que mon trajet en avion génère. Il ne faut plus être un citoyen du monde comme les globe-trotters aiment à se qualifier, mais plus un citoyen pour le monde.
 
Sortons du confinement grandis. Gardons certaines habitudes de ces dernières semaines : passer plus de temps avec notre famille, limiter les déplacements inutiles, garder le lien avec nos amis différemment, revenir à l’essentiel, faire la cuisine, du yoga, de la couture ou tout ce que l’on aime et dont on dit toujours qu’on a « pas le temps » de le faire.
 
Pour les années à venir, je pense qu’il est plus que jamais nécessaire de se donner ce temps de la réflexion, du partage et de l’action citoyenne. Le pire n’est pas un scénario de film, c’est une probabilité forte. Il ne faut pas la nier mais ne pas non plus s’y résigner.
 
En tant que femme, mère, cheffe d’entreprise, je veux plus que jamais consacrer le reste de ma vie à agir, de manière idéaliste, pragmatique, persévérante et joyeuse ! Je sais qu’oOlution continuera de grandir malgré ces dernières semaines chahutées, car nous avons pu compter sur votre soutien et vos commandes toujours plus nombreuses. En tant qu’équipe, cette épreuve nous a aussi soudées et confortées dans nos envies de vies justes, utiles et chargées de sens.
 
Votre mission, vous qui lisez ces lignes, c’est de faire que la chance que vous avez d’être là – vivant et conscient – serve au bien commun. Montrez que vos rêves d’un monde meilleur ne sont pas une illusion mais une réalité à construire.
 
Sortons du confinement grandis. Soyons le changement, chacun à notre échelle, agissons avec détermination et joie. Vivons debout.
 
Anne-Marie.
 

   

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À propos de l'auteur


Anne-Marie Gabelica
Ingénieure agronome diplômée en biochimie, Anne-Marie Gabelica a fait ses armes dans le secteur des cosmétiques durant 7 ans. Convaincue qu'une alternative au modèle actuel des cosmétiques (promesses marketing illusoires, manque de diversité dans les actifs, ingrédients inutiles et/ou dangereux, omniprésence des dérivés d'huile de palme) est possible, elle prend le chemin de l’entrepreneuriat militant. Anne Marie fonde alors oOlution pour réconcilier le bon pour soi et le bon pour tous.   Retrouvez chaque semaine les conseils d'Anne-Marie dans l'émission La Quotidienne sur France 5, disponible en replay juste ici ! Suivez son actualité sur sa page Facebook et sur Twitter @AMGabelica.

À propos d'oOlution

Avec plus de 65 actifs végétaux bio, les soins visage oOlution s'adaptent sur mesure aux besoins de chaque peau. Les formules 100% d'origine naturelle, garanties sans aucun ingrédient de remplissage (0% d'huiles hydrogénées ou estérifiées) sont aussi les premières à exclure tous les dérivés de l'huile de palme pour préserver la biodiversité.
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Un commentaire sur “L’avant, pendant et après confinement vu par Anne-Marie Gabelica

  1. Bonsoir,
    Je pense comme vous, nos lendemains ne seront que meilleurs si nous osons préserver la vie. Au plus près de la prévention face à cette pandémie (travaillant dans un Ehpad) toute l’équipe disait comment on va faire après, parce que demain c’est après… Je leur ai répondu on fera au mieux et en se rappelant que la vie est fragile.
    Cordialement

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