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Comment reconnaître un véritable parfum naturel ?

Par le 29 avril 2020

Modifié le 27 avril 2020

Le parfum, quoi de plus naturel ? Fleurs, herbe coupée, sous-bois, embruns marins : la nature est odorante ! Mais aujourd’hui, notre quotidien est envahi de parfums industriels synthétiques, de la lessive au parfum d’ambiance dans l’ascenseur ou même la litière du chat… Sans oublier, évidemment, nos eaux de toilette et nos cosmétiques. Difficile de leur échapper ! Avec des conséquences potentiellement lourdes sur notre santé et notre environnement. Petit guide pour vous aider à repérer les parfums vraiment naturels. 

 

Parfums : une révolution synthétique

 

A l’origine, la parfumerie était forcément artisanale et naturelle, à base de plantes et poudres. C’est avec le développement de la chimie, au XIXe siècle, qu’elle est devenue une industrie florissante. 

 

Tout a alors changé : les matières premières naturelles, rares et chères, aux rendements et effluves fluctuants (comme les crus des vins!) ont été remplacées par des molécules chimique permettant de reproduire à l’infini une senteur immuable, à échelle industrielle et coûts drastiquement réduits. Mais aussi de laisser tranquilles des animaux jusque là objets de trafics et massacres pour leurs sécrétions très recherchées (ambre gris du cachalot, musc des cerfs d’Asie centrale…). Pour une fois, biodiversité et optimisation économique sont allées de pair ! Et La créativité avec elles. Quand la parfumerie naturelle peut jouer au mieux sur 500 notes différentes, les molécules synthétiques ont ouvert une palette dix fois plus étendue : parfums de matières ou fleurs (muguet, lilas…) dont on ne sait pas extraire les molécules odorantes, création de nuances inédites dans la nature… L’horizon des nez s’est considérablement élargi !

Aujourd’hui, les parfums sont à plus de 90% synthétique. Même les grandes maisons de parfum et leur marketing à base de nobles effluves de fleurs sont en réalité des fabricants de parfums de synthèse. D’ailleurs, malgré la tendance vers une cosmétique plus verte, le parfum est resté un bastion synthétique. Après tout, face à ça, que peut offrir le parfum naturel ?

 

Le parfum, un ingrédient cosmétique à part et problématique

 

Les parfums c’est un peu de la sorcellerie : ils nous envoûtent sans qu’on ne sache vraiment comment ils fonctionnent. Image de luxe et secrets de fabrications forment un paravent efficace. 

 

Car en réalité ce sont jusqu’à 100 substances différentes pas forcément recommandables que l’on trouve derrière une simple mention Fragrance ou Parfum ! Sans plus d’informations. Car la liste INCI détaillée, obligatoire en cosmétique, reste volontairement très pudique pour les protéger des plagiats et contrefaçons : ils n’apparaissent que sous le nom Parfum. Aucun détail n’est requis sur leurs ingrédients hormis, à partir d’un certain seuil, la mention de 26 allergènes (pour en savoir plus : Cosmétiques sans parfum, quelle différence ? ). Largement insuffisant, certes… mais loin d’être le plus préoccupant.

 

Pour créer des odeurs synthétiques, on extrait et transforme une essence naturelle ou on procède par synthèse totale. A grands renforts de matières pétrochimiques et réactions chimiques parfois hyper polluantes. Cette délicate odeur de muguet ? Certainement du Lilial ou BMHCA, très fréquent, allergène reconnu et perturbateur endocrinien suspecté. Oups, ça sent moins bon, non ? Maux de têtes, nausées, asthme, affections de la sphère ORL, infertilité, fausses couches, malformations du fœtus, endométriose, cancers : tout ceci peut être favorisé par votre innocent pschitt quotidien, riche en neurotoxiques, cancérigènes ou perturbateurs endocriniens. Principaux coupables ? Les solvants utilisés pour extraire, diluer, accentuer ou fixer les molécules odorantes : toluène dérivé toxique du benzène, phtalates issus du pétrole (DET diethyl phtalate ou autres noms contenant Phtalic acid), alcool dénaturé par des esthers de glycol (très souvent du phénoxyéthanol), musc synthétique (galaxolide, tonalide). Double peine : ces substances fixent si bien votre parfum sur votre peau qu’elles finissent par s’accumuler dans votre organisme (en savoir plus : Parfums : que contiennent-ils vraiment ? Attention, phtalates !). 

 

D’autant plus préoccupant qu’on les rencontre partout, tout le temps, sans forcément le savoir et que leurs nocivités se renforcent les unes les autres… Formidable effet cocktail ! Cerise sur le gâteau : ils passent tout autant par la peau que par l’inhalation. Riche idée, le parfum en vaporisateur, non ? Côté environnement, le tableau n’est pas plus réjouissant : phthalates, aldehyde, formaldéhyde, dichlorobenzene, tous sont des Composés Organiques Volatiles (COV), grands responsables de la pollution intérieure mais aussi toxiques pour les organismes aquatiques. Non traitables par les stations d’épuration, ils se dégradent très lentement et nous reviennent via nos aliments. Et nous sommes loin d’avoir étudié tous leurs composants : le pire reste peut-être encore à découvrir.

 

Identifier à coup sûr un parfum naturel : mission impossible ? 

 

Comment vous assurer alors que votre flacon de parfum ou le Fragrance de votre crème ne sont néfastes ni pour l’environnement ni pour votre santé ? 

 

Le prix ou un nom prestigieux ne garantissent rien. Et sur l’étiquette, Parfum ou Fragrance peut indifféremment désigner des composants végétaux, animaux ou synthétiques. 

 

La liste obligatoire des allergènes peut-elle nous guider ? Alpha-Isomethyl ionone, Amyl cinnamal, Amylcinnamyl alcohol, Butylphenyl methylpropional, Hexyl cinnamal, Hydroxycitronnellal ou Methyl 2-octynoate indiquent à coup sûr un parfum synthétique. Evernia prunastri ou Evernia furfuracea renvoient à un parfum naturel. Mais les 17 autres ne donnent aucune indication sur leur origine naturelle ou synthétique. Le Linalol de votre crème : Lavande, Bergamote ou pétrole ? Le Géraniol, à odeur de rose ? Aussi bien de l’huile essentielle de Palmarosa qu’un dérivé pétrochimique riche en phtalates…

 

Se fier à une affirmation « parfum naturel », « x% d’origine naturelle », à une liste de composants nobles en gras sur le packaging ? Mmmh, rien n’est encadré et le greenwashing règne ! Une étude allemande de 2015 concluait que 85% des produits parfumés se revendiquant « naturels » ou sans parfum émettaient des COV de type phtalates. Et un parfum ou soin qui se dit naturel à 90% voire 95% ne vous met pas à l’abri : les effets néfastes des molécules de synthèse ne sont pas dose-dépendants.

 

Les labels bio ? Tous a priori vous garantissent l’absence de parfums synthétiques dans leurs produits. Cependant, il existe peu de parfums labellisés, beaucoup de matières premières ne pouvant tout simplement pas l’être. Et les labels ne règlent pas tous les problèmes. Un parfum vraiment naturel non labellisé peut être in fine plus recommandable. 

 

Dans la très grande majorité des cas, Parfum renvoie à un composant synthétique s’il n’est pas accompagné d’une liste d’extraits de plantes, eaux florales, huiles essentielles… mais l’inverse n’est pas forcément vrai. La seule solution : étudier les chartes, questionner. Refus de transparence ? Méfiance ! Mais encore faut-il savoir que demander. 

 

Que peut contenir un parfum naturel ?

 

Un parfum naturel est formé par l’odeur naturellement émise par un végétal (fleurs, herbes, racines, épices, feuilles, bois) ou tout autre organisme. Pour en faire un ingrédient cosmétique, on ne va utiliser que des matières naturelles pour l’extraire, le diluer ou le fixer. La règle est simplissime : un parfum naturel ne doit contenir aucun composé chimique d’origine synthétique. Uniquement des ingrédients naturels ou d’origine naturelle : de l’alcool végétal obtenu par fermentation généralement de blé (Alcohol), une ou plusieurs eaux florales et une composition parfumante composée d’extraits végétaux. 

 

Les molécules odorantes doivent être extraites via les procédés les moins dénaturants, les plus doux et non polluants possibles, sans pétrochimie : concentration (qui élimine toute l’eau de la matière première), torréfaction, expression à froid (pour les agrumes) ou extraction par solvant doux naturel comme la dilution dans un support d’alcool végétal, la distillation à la vapeur d’eau pour les huiles essentielles ou essences, l’enfleurage dans la graisse pour les fleurs les plus fragiles comme le jasmin ou encore l’extraction au CO2 à froid. 

 

Quid des fixateurs, les ingrédients les plus problématiques des parfums synthétiques ? Des ingrédients naturels font très bien le job : poudre de racine d’iris, huiles essentielles de Vétiver, Patchouli ou Cèdre, peu volatiles, remplacent avantageusement phtalates et muscs synthétiques. 

 

Bonus non négligeable, les substances parfumantes naturelles conservent généralement des vertus du végétal dont elles sont issues : elles sont aussi de véritables actifs, bénéfiques pour la peau et utilisés en aromathérapie. De plus, la parfumerie naturelle propose des baumes ou sticks à base d’huiles et beurres végétaux, sans alcool qui, même naturel, reste très desséchant et irritant. Pratiques, sains, doux et même bénéfiques pour la peau !

 

Enfin, assurez-vous également que votre parfum ou cosmétique ne contient aucun ingrédient d’origine animale et n’a pas été testé sur des animaux avec le label Vegan & Cruelty free.

 

Bien entendu, les parfums de nos soins oOlution répondent strictement à ces conditions : tous sont tous d’origine 100% naturelle, garantis sans phtalates, sans aucun perturbateurs endocriniens et formulés pour minimiser tout risque de réaction.

 

Vous aurez peut-être plus de mal à abandonner votre flacon de parfum corporel synthétique, surtout si vous lui êtes fidèle depuis des années. Il est vrai qu’à l’heure actuelle le choix est moins vaste et que les parfums naturels sont moins puissants, tiennent moins longtemps. Tant mieux : c’est le signe qu’on ne leur ajoute pas de fixateur hyper toxique. Mais cela demande aussi de modifier notre relations aux odeurs. Fabriquer votre parfum sur mesure vous aidera peut-être à franchir le pas, avec l’avantage de maîtriser les ingrédients utilisés et de choisir toutes les notes que vous aimez. Conseils et recettes DIY ne manquent pas :  l’occasion, peut-être, de vous découvrir un nouveau hobby ?

 

   

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À propos de l'auteur


Anne-Marie Gabelica
Ingénieure agronome diplômée en biochimie, Anne-Marie Gabelica a fait ses armes dans le secteur des cosmétiques durant 7 ans. Convaincue qu'une alternative au modèle actuel des cosmétiques (promesses marketing illusoires, manque de diversité dans les actifs, ingrédients inutiles et/ou dangereux, omniprésence des dérivés d'huile de palme) est possible, elle prend le chemin de l’entrepreneuriat militant. Anne Marie fonde alors oOlution pour réconcilier le bon pour soi et le bon pour tous.   Retrouvez chaque semaine les conseils d'Anne-Marie dans l'émission La Quotidienne sur France 5, disponible en replay juste ici ! Suivez son actualité sur sa page Facebook et sur Twitter @AMGabelica.

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Ce article est également disponible en anglais.

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