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Anti-transpirant et déodorant : quelle différence ?

Par le 05 novembre 2019

Heure de pointe dans les transports, course pour être à l’heure chez la nounou puis au travail, grosses chaleurs… Vous voilà en nage, la journée à peine commencée. Vous vous laisseriez bien tenter par cet anti-transpirant qui vous fait de l’œil au rayon déodorant. Plus de 24 heures au sec, le rêve ! Mais une solution aussi radicale est-elle recommandable ? Anti-transpirant ou déodorant, comment faire votre choix ?
 

Lutter contre la transpiration ou contre ses odeurs ?

 
Au fond, qu’est-ce qui nous gêne dans la transpiration ? En moyenne, nous évacuons 1 litre de sueur par jour, sans nous en rendre compte. Mais bien plus selon la météo, nos activités, notre état de santé. Elle passe alors bien moins inaperçue : sensation d’humidité, grandes auréoles qui jaunissent nos vêtements, odeurs de la sueur apocrine… Deux grandes familles de produits se proposent de nous aider dans cette lutte : les déodorants et les anti-transpirants. Deux modes d’action très différents pour un même objectif.
 
Le déodorant intervient après la production de sueur : il agit sur les odeurs. En les masquant et surtout en les prévenant. Oui, il est tout à fait possible de continuer à transpirer sans mauvaises odeurs, puisque notre sueur, composée à 99% d’eau, n’est pas malodorante. En tout cas tant que les bactéries ne s’en mêlent pas en digérant en odorama le 1% qui reste (lipides, protéines notamment). Du coup, il suffit d’empêcher ces bactéries de proliférer. Un déodorant efficace va alors combiner plusieurs actifs pour jouer sur trois tableaux :

  • des agents absorbants éventuellement légèrement astringents pour absorber l’humidité et réguler la transpiration excessive,
  • des agents masquants contre les odeurs indésirables,
  • et enfin des agents antiseptiques pour empêcher la prolifération des bactéries et donc l’apparition des odeurs.

 
Un anti-transpirant, lui, agit plus frontalement et simplement : il bloque carrément le flux de la transpiration. A priori intéressant pour les personnes qui transpirent beaucoup… et radicalement efficace pour tout le monde. A se demander pourquoi il existe encore de simples déodorants : en un seul geste, plus de sueur. Finie la sensation d’humidité, adieu les mauvaises odeurs. Et avec un actif unique hyper efficace : les sels d’aluminium. Le rêve ? Pas si sûr.
 

Anti-transpirant : l’efficacité au prix de la santé ?

 
Le mode d’action des anti-transpirants est déjà problématique en soi : il s’agit de contrarier un processus vital. Rien que ça ! La transpiration est essentielle pour le bon fonctionnement de notre organisme: elle assure la régulation thermique et la fonction émonctoire de la peau en évacuant toxines et déchets. Pas d’affolement cependant : la zone de peau concernée par les anti-transpirants est trop réduite pour réellement menacer ces fonctions. Mais cela n’est pas pour autant sans conséquences : la transpiration s’évacuera de toute façon ailleurs (cou, visage, dos…) via les glandes eccrines, mais sans les toxines et déchets qui auraient été émis par les glandes apocrines des aisselles. Ni les phéromones, au risque de créer des déséquilibres hormonaux. Bref, votre problème de transpiration excessive n’est pas réglé et vous pouvez vous créer d’autres soucis. Et attention : une transpiration excessive peut être l’expression de désordres médicaux. En masquer les symptômes et empêcher l’évacuation de toxines n’est alors pas la meilleure idée ! Oubliez l’anti-transpirant et consultez plutôt votre médecin.
 
Surtout, savez-vous comment fonctionnent réellement les sels d’aluminium des anti-transpirants ? Ils créent une petite inflammation locale. La peau s’épaissit en réaction et va progressivement obturer les pores par lesquels s’écoule la sueur. Ils créent donc un bouchon à la surface de la peau pour retenir la sueur dans l’organisme. Ça sent la fausse bonne idée, non ? Les effets secondaires potentiels d’une application quotidienne sont en effet moins magiques : irritations, eczéma voire kystes douloureux ou inflammation des glandes sudoripares. Et l’épiderme des aisselles, fin et humide, ne fait pas partie des plus faciles à soigner…
 
Quid de limiter le recours aux anti-transpirants à des occasions spéciales, des rendez-vous importants ? C’est moins pire, oui. Mais savez-vous quel est le point commun de tous les sels d’aluminium ? Ils sont toxiques en raison de l’aluminium qu’ils participent à accumuler petit à petit dans notre organisme. Soupçonnés de jouer un rôle dans des atteintes osseuses, anémies ou encore le développement des maladies comme Alzheimer ou Parkinson, ils sont mis en cause dans le développement des cancers du sein. Des études ont mis en évidence qu’ils naissent le plus souvent pile à l’endroit où on applique le déodorant, où se trouvent également des glandes mammaires. Le pire ? La sueur est le principal moyen par lequel notre organisme se débarrasse d’une petite partie de l’aluminium qu’il reçoit. Non contents de nous faire ingérer de l’aluminium, les anti-transpirants nous empêchent en plus de nous débarrasser du peu qu’on arrive à évacuer !
 
Certes, les études sur le sujet font encore débat. Ces maladies sont le résultat de nombreux autres facteurs et les doses d’aluminium qui pénètrent l’organisme via les anti-transpirants sont faibles. Mais si l’on a la possibilité d’échapper à celles-ci, pourquoi s’en priver ? S’en tenir à l’écart est un bon principe de précaution, notamment enceinte, allaitante ou en cas d’insuffisance rénale. Encore plus si votre déodorant est en spray : la surface de peau sur laquelle s’applique le déodorant est plus grande et le risque d’inhalation est réel.
 

Le déodorant simple, une solution sûre ?

 
Il suffirait alors d’opter pour un déodorant pour être à l’abri ? Ce n’est hélas pas si simple.
 
Déjà, il ne suffit pas de s’assurer que votre produit ne s’appelle pas anti-transpirant. Les fabricants sentent le vent tourner : ce terme qui sert à camoufler les sels d’aluminium est de plus en plus pointé du doigt. Difficile de continuer à tromper des consommateurs mieux informés. Or, il n’existe aucune obligation de signaler noir sur blanc qu’un produit a une telle action. Résultat : des cosmétiques se présentant comme simples déodorants ont en réalité une composition digne d’un anti-transpirant. Votre déodorant vous promet une durée d’efficacité incroyable ou de venir à bout des odeurs les plus fortes ? Méfiance. La course à qui proposera l’efficacité la plus extravagante semble sans limite. Et un peu ridicule : un déodorant efficace 96 heures… mais pourquoi ?!
 
Bref, encore une fois, le seul conseil qui vaille est : décortiquez les étiquettes qui doivent obligatoirement signaler la présence de sels d’aluminium. Pour le coup, souvent en haut de liste, ils sont assez faciles à repérer, avec le terme Aluminium ou Alum qui apparaît clairement : Chlorhydrate d’Aluminium, le plus courant et autorisé sans concentration limite, Aluminium Lactate, Aluminium Zirconium, Aluminium Stéarate, Hydroxychlorure d’Aluminium, Aluminum Chloride, Aluminum Chlorhydrex, Aluminum Sesquichlorohydrate, Aluminum Zirconium Trichlorohydrex GLY… Le plus efficace, le Chlorure d’Aluminium est aussi le plus irritant. On le trouve quasi uniquement dans des détranspirants qui promettent une mise au repos des glandes sudoripares pour plusieurs jours ! Certains, toxiques pulmonaires, sont interdits en aérosols. Et si vous pensiez vous tourner vers des anti-transpirants se présentant comme naturels, c’est raté : ils contiennent généralement de la pierre d’Alun. Autrement dit, des sels d’aluminium. Leur nocivité fait encore débat, mais par principe de précaution, on les évite tout autant.
 
Ça y est, vous avez la certitude que votre déodorant n’a aucune action anti-transpirante et qu’il est exempt de sels d’aluminium ? C’est… seulement un bon début. Car le déodorant reste l’un des cosmétiques les plus problématiques : Triclosan perturbateur endocrinien responsable de l’apparition de bactéries résistantes, parfums synthétiques perturbateurs endocriniens et allergisants, conservateurs toxiques…. la liste des substances à y éviter est longue. Peut-être encore plus que pour d’autres produits, il est important de le choisir avec soin. Un déodorant bio vous garantit l’absence de sels d’aluminium, mais ne vous arrêtez pas en si bon chemin ! Plutôt qu’un label, cherchez avant tout un déodorant naturel bien formulé, efficace sans substance dangereuse pour la santé et l’environnement. Et dans le plus grand respect de votre peau : des poudres végétales pour absorber l’humidité associées aux vertus purifiantes, astringentes, antiseptiques d’huiles végétales et d’hydrolats viendront en plus apaiser et renforcer l’épiderme. Selon la tolérance de votre peau, vos allergies éventuelles, et hors grossesse et allaitement il est possible d’y ajouter des huiles essentielles, aux vertus puissantes et aux parfums naturels.
 
Les anti-transpirants sont super efficaces, oui. Mais éviter des auréoles sous les bras et quelques effluves indésirables ne vaut tout simplement pas le coup de faire subir à votre organisme les effets d’un anti-transpirant. Le meilleur des déodorants, respectueux de votre corps et de votre santé, ne pourra pas rivaliser à 100%, c’est vrai. Si vous êtes adepte des anti-transpirants, il faudra peut-être un petit temps de réadaptation en passant au naturel : pour votre corps qui va réapprendre à réguler la production de ses glandes sudoripares. Et pour vous, qui allez retrouver certaines sensations oubliées. Mais une fois passé ce cap, un déodorant aux actifs naturels de qualité et bien choisis sera d’une efficacité redoutable. Et tout en douceur.

   

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À propos de l'auteur


Anne-Marie Gabelica
Ingénieure agronome diplômée en biochimie, Anne-Marie Gabelica a fait ses armes dans le secteur des cosmétiques durant 7 ans. Convaincue qu'une alternative au modèle actuel des cosmétiques (promesses marketing illusoires, manque de diversité dans les actifs, ingrédients inutiles et/ou dangereux, omniprésence des dérivés d'huile de palme) est possible, elle prend le chemin de l’entrepreneuriat militant. Anne Marie fonde alors oOlution pour réconcilier le bon pour soi et le bon pour tous.   Retrouvez chaque semaine les conseils d'Anne-Marie dans l'émission La Quotidienne sur France 5, disponible en replay juste ici ! Suivez son actualité sur sa page Facebook et sur Twitter @AMGabelica.

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