éviter les nanoparticules

5 conseils pour éviter les dangers des nanoparticules en cosmétiques

Par le 02 juillet 2019

Modifié le 06 août 2020

La nocivité des nanoparticules, vous en avez peut-être entendu parler lors de pics de pollution atmosphérique. Et si l’on vous disait que des nanoparticules entrent dans la composition de nombreux produits du quotidien, dont les cosmétiques ? Cela vous paraît incroyable ? Et pourtant…

 

Qu’est-ce que que les nanoparticules ?

La définition des nanoparticules ? Une infime quantité de matière, mesurant entre 1 et 100 nanomètres (1 nanomètre = 1 millionième de millimètre !). Elles peuvent être naturelles – les émissions volcaniques, les virus…-, ou produites par les fumées industrielles, les moteurs, les cigarettes…

Mais on fabrique également des nanoparticules industriellement, par broyage ou procédés chimiques, à partir de divers matériaux : aluminium, zinc, carbone… Pourquoi ? Pour les vertus que ces matériaux acquièrent uniquement à taille nano.

Ajoutées sous forme de poudre ou gel à un produit, elles ont la capacité d’en modifier les propriétés : couleur, texture, odeur, résistance…  Les bonbons sont plus brillants ou les dentifrices plus blancs sous l’effet du dioxyde de titane, le sucre en poudre ne forme plus de paquets grâce à l’oxyde de silice. Et ça, le marketing aime !

 

Les nanoparticules très présentes dans les cosmétiques

En cosmétique, les nanoparticules de dioxyde de titane, de silice, d’argent, d’oxyde de zinc ou de fer ont de multiples applications. Elles améliorent les effets de couleurs, la tenue ou la texture poudreuse des produits de maquillage : colorants des vernis à ongles, fonds de teint lissants, fards à paupières nacrés, poudres, rouges à lèvres longue tenue en contiennent fréquemment…

Dans les protections solaires à filtre minéral, le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc utilisés comme écran minéral protégeant des UVB ont l’inconvénient de laisser un film blanc sur la peau. Réduits au format nano, ils rendent la crème plus fluide et transparente : adieu masque blanc.

 

Un problème de taille… traité avec légèreté

Mais il y a un hic… Les nanoparticules sont une technologie récente, dont nous ne maîtrisons pas encore tous les effets, notamment ceux sur la santé et l’environnement. Et les quelques certitudes que nous avons n’ont rien de rassurant.

Nous savons que certaines molécules, normalement inoffensives, deviennent instables, imprévisibles voire toxiques une fois réduites à taille nano.

Nous savons également que, plus petites que nos cellules, les nanoparticules ont un pouvoir de pénétration sans équivalent. Elles sont capables de traverser toutes les barrières de défense de notre corps : intestinale, encéphalique, peau… Et d’atteindre, via le sang, les cellules de tous nos organes. Bien sûr, elles pénètrent sans difficulté le placenta.

Nous savons enfin que l’organisme ne parvient pas à les éliminer.

Nous n’en connaissons pas encore toutes les conséquences. Mais des chercheurs comparent les nanoparticules de dioxyde de titane à l’amiante et l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) considère le dioxyde de titane sous forme nano comme cancérogène.

Des liens sont établis entre exposition aux nanoparticules et infections respiratoires, affaiblissement du système immunitaire, accélération de l’oxydation des cellules, et même altération de l’ADN !

Bien sûr, l’être humain n’est pas la seule victime. Les nanoparticules ne sont filtrées ni par l’air ni par l’eau : elles pénètrent les cellules des animaux, végétaux, micro-organismes. Leur impact sur les écosystèmes aquatiques, via nos crèmes solaires, est d’ores et déjà désastreux. Et nous ne sommes qu’au début de nos découvertes…

Nous jouons donc aux apprentis sorciers avec des particules dangereuses, qui ne sont pourtant pas incontournables. Elles sont le plus souvent de simples additifs et non des actifs essentiels. Un dentifrice plus blanc se vend mieux, mais n’est pas plus efficace contre les caries.

Sur ces bases, l’ANSES préconise depuis 2014 leur interdiction dans les produits grand public. Les associations réclament a minima un moratoire sur les nanoparticules de dioxyde de titane. Pourtant, une seule obligation s’impose à l’industrie cosmétique, à ce jour : ajouter la mention [nano] après le nom du composant concerné. Et uniquement s’il contient plus de 50% de nanoparticules. Cela reviendrait à dire qu’un produit contenant un ingrédient jusqu’à 49,9% nano-particulaire ne le précisera pas sur son étiquette.

Un peu léger. Et surtout très théorique, faute de contrôle. L’UFC-Que Choisir a récemment montré l’impunité totale des industriels en la matière : sur 10 produits testés contenant des nanoparticules, 8 ne le signalaient pas…

 

Nos conseils pour se prémunir des nanoparticules

Avec une législation peu protectrice et des industriels qui ne jouent pas le jeu, il va falloir partir vous-mêmes à la chasse.

Soyez particulièrement vigilants avec les produits appliqués sur les zones de peau fine, lésée ou fragilisée : cela décuple leur pouvoir pénétrant. Les déodorants, notamment sur aisselles rasées, les crèmes solaires dont l’Afssaps déconseille l’utilisation sur le visage et sur tout coup de soleil, les dentifrices ingérés et en contact direct avec la muqueuse… Attention également aux produits qui restent sur la peau : maquillage, crème de soin, eaux micellaires. La liste est longue

Evidemment, on fuit les (rares) produits qui indiquent honnêtement la mention [nano] dans leur composition, et on se détourne des produits listés par l’UFC-Que Choisir.

Le catalogue des nanomatériaux utilisés en cosmétique établi par la Commission européenne donne des repères sur les familles de produits les plus concernées. Adoptez des réflexes de méfiance devant un produit de maquillage irisé ou longue tenue, un dentifrice plus blanc que blanc… Votre crème solaire laisse un film blanc ? C’est peut-être moins sexy sur la plage mais très bon signe pour votre santé.

Dans le doute, évitez les produits en spray qui favorisent l’inhalation des nanoparticules et l’atteinte pulmonaire, et ceux comportant du dioxyde de titane, même sans mention [nano]. Enceinte ou pour les enfants, redoublez de vigilance.

Vous pouvez également vous fier à certains labels bio : Nature & Progrès, Ecocert ou Cosmébio interdisent les nanoparticules.

Enfin, décortiquez les chartes des marques. Recherchez celles qui communiquent sur l’absence de nanoparticules dans leurs compositions. Interrogez les autres.

Et comme souvent, la solution idéale se trouve du côté des produits naturels qui vous mettront à l’abri non seulement des nanoparticules mais de toutes les substances douteuses. Des alternatives existent pour les déodorants, les protections solaires. Des actifs naturels de qualités comme les huiles végétales pénètrent naturellement l’épiderme sans besoin d’encapsulation 😉 …

Le dossier « nanoparticules » est loin d’être clos. Sous la pression d’associations, les pouvoirs publics ont promis des contrôles plus stricts et de nouvelles recherches. Espérons que les choses bougent rapidement, faute de quoi nous risquons de nous retrouver dans quelques années face à un scandale sanitaire similaire à celui de l’amiante ou des perturbateurs endocriniens…

   

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À propos de l'auteur


Anne-Marie Gabelica
Ingénieure agronome diplômée en biochimie, Anne-Marie Gabelica a fait ses armes dans le secteur des cosmétiques durant 7 ans. Convaincue qu'une alternative au modèle actuel des cosmétiques (promesses marketing illusoires, manque de diversité dans les actifs, ingrédients inutiles et/ou dangereux, omniprésence des dérivés d'huile de palme) est possible, elle prend le chemin de l’entrepreneuriat militant. Anne Marie fonde alors oOlution pour réconcilier le bon pour soi et le bon pour tous.   Retrouvez chaque semaine les conseils d'Anne-Marie dans l'émission La Quotidienne sur France 5, disponible en replay juste ici ! Suivez son actualité sur sa page Facebook et sur Twitter @AMGabelica.

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