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Les femmes qui construisent oOlution : Méganne créatrice du shop Wakey

Ecrit le 24.Mar.21 par Anne-Marie — Mis à jour le 24.Mar.21


Qui dit mois de mars, dit journée internationale du droit des femmes. Oui nous disons bien droit des femmes et non « de la femme ». « La femme » n’existe pas, les femmes sont plurielles dans leur nombre et dans leurs identités et chacune mérite d’être visible et représentée. C’est un mois sous le ton de la sororité, car c’est un moment pour se soutenir, se réunir et se joindre sous un même combat. Nous entendons ici une sororité qui comprend toutes les femmes mais aussi tout.e.s les alli.é.e.s du mouvement.

 

Chez oO, le futur et les droits des femmes et de leur.e.s allié.e.s est une cause qui nous tient à cœur. C’est pourquoi au lieu d’une journée, nous avons voulu dédier tout le mois à la mise en valeur de ce mouvement.

 

Nous sommes entouré.es de femmes incroyables, et c’est pourquoi nous souhaitons vous interviewer aujourd’hui, pour mettre en valeur le parcours d’une personne qui nous aide à construire un monde un peu plus juste chaque jour.

Peux-tu te présenter et nous raconter un peu ton parcours ?

Je m’appelle Méganne, j’ai 30 ans et j’ai créé la boutique Wakey il y a plus de 3 ans maintenant.

J’ai toujours été passionnée de beauté, de soin surtout. Au lycée je voulais faire kiné, puis infirmière ! J’ai finalement laissé tomber le côté médical pour m’orienter vers la cosmétique. J’ai passé un BTS Esthétique, un Bachelor Développement Commercial en Parfumerie, puis un Master Marketing. J’ai travaillé pas mal en tant que conseillère beauté (notamment dans le luxe), puis j’ai été rédactrice web beauté à Paris… Jusqu’à ce que Wakey s’implante dans ma tête !

Qu’est-ce qui t'a donné envie de te lancer et de monter ton propre projet ?

Végétarienne depuis 2012, je suis devenue végane à Paris en 2017. De par mon métier et mes convictions, j’ai commencé à me pencher sur les compositions des produits et les valeurs des marques : je cherchais des cosmétiques éthiques, écologiques, responsables de façon générale. Il existe plein de marques sur le web, mais peu de boutiques spécialisées pour pouvoir découvrir, sentir, tester, se faire conseiller… Beaucoup de gens ont besoin d’être accompagnés dans cette transition vers une beauté plus naturelle et éthique : c’est là que les boutiques jouent tout leur rôle !

Y’a-t-il des engagements qui te tiennent particulièrement à cœur et comment cela se ressent-il dans ton quotidien ?

Beaucoup d’engagements, en réalité ! Je suis végane, je consomme le plus possible local, bio, de saison, sans plastique, seconde main… Je suis féministe aussi, sans être très active d’un point de vue militant car je cherche encore ma voix : les mots s’embrouillent parfois, les arguments aussi. Je ne supporte pas l’injustice et je suis parfois submergée par les changements à faire dans le monde… Mais l’optimisme me guide !

Qu’est-ce que tu aimerais encore améliorer pour progresser dans ce sens ?

Avoir un impact plus large. Utiliser mon parcours et ma facilité à communiquer pour toucher davantage de gens. Wakey rayonne à petite échelle aujourd’hui, mais je vise plus grand, parce qu’on manque de temps pour sauver la planète… Et faire en sorte d’être capable de débattre sur les injustices sans être bouleversée par mes émotions.

Quelles sont les valeurs que tu veux retranscrire à travers ta démarche ? L’éthique, l’éco-responsabilité, le sens, mais aussi l’authenticité et la bienveillance. On n’ira nulle part si on se tire dans les pattes, si on met la violence au cœur de la démarche. La joie est porteuse.

Selon toi, le fait d’être une femme a-t-il eu un impact sur tes choix et la manière dont tu t'es construite ?

Être une femme a forcément eu un impact. J’ai mis du temps à déconstruire beaucoup de choses, et je n’ai pas encore enlevé toutes les mauvaises herbes ! Les injonctions nous freinent, en tant que femmes. On dépense beaucoup de temps et d’énergie à se convaincre qu’on est assez bien, que notre corps nous appartient, qu’on est aussi légitimes que les hommes, pour tout. On se débat encore beaucoup avec la question de la maternité par exemple, souvent ressentie comme une obligation.

J’ai la chance d’évoluer dans le milieu de la cosmétique où les femmes ont plus de légitimité que dans beaucoup d’autres univers. Ça n'empêche qu’il y a eu des obstacles, mais j’ai l’esprit du challenge : les murs deviennent des défis. Et mine de rien, l’esprit de sororité monte de plus en plus, c’est un atout pour être portée et soutenue.

Si tu avais un message à faire passer, quel serait-il ? Soyons curieux, ouverts. Réfléchir avant d’acheter. Et se reconnecter à son instinct !

Une dernière petite question : est-ce que tu te retrouves dans ce que défend oOlution ? :)

Tout à fait : j’ai beaucoup d’admiration pour oOlution parce que la marque va jusqu’au bout de ses convictions : je sais qu’Anne-Marie s’est battue pour ça ! C’est pour cette raison que c’est une marque partenaire privilégiée, et ce depuis la création de la boutique. Longue vie à nous !