Cosmétiques et test sur animaux

Cosmétiques : la vérité sur les tests animaux

Par le 20 avril 2016

Il y a des secteurs comme l’industrie pharmaceutique, où les tests sur les animaux sont encore répandus avant toute mise sur le marché d’une molécule. De même en cosmétiques, des tests animaux étaient largement pratiqués pour mesurer le potentiel d’irritation cutanée d’un produit fini ou d’une substance. Ceci, en les appliquant sur la peau rasée de lapins mais également dans leurs yeux afin de tester le potentiel d’irritation oculaire. Ces pratiques paraissent bien cruelles et d’un autre âge.

 

C’est pourquoi depuis 2013, le Règlement cosmétique européen (n°1223/2009) interdit officiellement les tests animaux des produits finis et de leurs ingrédients. Cette interdiction concernant aussi les produits importés. L’Europe devance en cela les Etats-Unis où « The Humane Cosmetics Act » qui vise à interdire les tests des produits cosmétiques sur les animaux est toujours en attente d’être voté par le Congrès.

 

 

Malgré la réglementation européenne interdisant depuis mars 2013 les tests sur les animaux, ceux-ci n’ont pas été totalement bannis des pratiques de cette industrie. Sachez ainsi que de nombreux produits cosmétiques sur le marché peuvent tout de même avoir été testés sur des animaux.

 

Quelle est la réglementation exacte sur les tests animaux dans l’industrie cosmétique ?

 

Les lobbies industriels se sont toujours opposés à l’interdiction des tests animaux au prétexte qu’elle constitue un frein à l’innovation. C’est au contraire dans le souci de favoriser les innovations par rapport à des méthodes alternatives (« in vitro ») que la Commission Européenne a souhaité faire interdire les tests animaux en cosmétique pour les produits finis et ingrédients cosmétiques (article 35). Mais malheureusement, cette interdiction n’est pas absolue.

 

Une règlementation nuancée : break rules!

 

Pourquoi des cosmétiques sont encore impliqués dans les tests animaux ?

 

1- Tous les produits et ingrédients testés sur les animaux avant 2013 continueront à être commercialisés, sans distinction possible pour le consommateur :

 

« Les données des tests sur les animaux réalisés avant les dates d’application respectives des interdictions de mise sur le marché (11 mars 2009 et 11 mars 2013) peuvent continuer à être utilisées pour l’évaluation de la sécurité des produits cosmétiques. »

 

2 – Des ingrédients présents en cosmétiques peuvent être présents dans d’autres types de produits de consommation et produits industriels pour lesquels il n’existe pas d’interdiction. Les produits pharmaceutiques par exemple, les détergents ou encore les denrées alimentaires sont concernés. Attention donc aux ingrédients « multi-secteurs » qui sont donc utilisés dans différentes industries telles que l’industrie pharmaceutique, la chimie ou l’agro-chimie. Ces ingrédients sont généralement des conservateurs, des parfums, des solvants, des polymères ou encore des filtres solaires… Pour certains de ces produits, les tests animaux sont même nécessaires pour garantir leur conformité avec le cadre légal qui leur est applicable.

 

3 – Les ingrédients chimiques utilisés à plus d’une tonne par an en Europe sont obligatoirement testés. Cette obligation est due à la réglementation REACH qui vise à déterminer les effets des substances chimiques sur la santé et l’environnement. En effet, la Commission Européenne peut estimer qu’il est nécessaire d’évaluer les risques pour certaines substances. Ainsi, même pour des ingrédients purement cosmétiques, des tests sur animaux peuvent être toujours faits pour garantir la sécurité des travailleurs qui y sont exposés dans le processus de fabrication. Le Règlement REACH passe ainsi outre le Règlement Cosmétique car la Commission européenne considère que les méthodes in-vitro (non-animales) sont non suffisamment fiables et sous-estimeraient le danger de certaines substances.

 

 

Prise entre le feu des lobbies et de l’opinion publique, la Commission indique en même temps que les tests animaux ne doivent être que le dernier recours. Tout test animal devant être notifié à l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques). La Commission a aussi lancé un programme-cadre en vue de la recherche sur des alternatives. Elle gère l’ECVAM (Centre for the Validation of Alternative Methods – Centre pour la validation des méthodes alternatives) et a créé le TSAR (Tracking System for Alternative test methods Review – Système de suivi des méthodes) pour accélérer l’adoption de nouvelles méthodes de test.

 

Comment est contrôlée l’interdiction des tests animaux ?

 

Chaque Etat membre est en charge de la mise en application du Règlement Cosmétique sur son territoire. Le Dossier d’Information sur le Produit (DIP) est le principal moyen de contrôler qu’un produit n’a pas fait intervenir de tests animaux. Ce dossier contient l’ensemble des données liées aux expérimentations animales effectuées par le fabricant, ses agents et/ou ses fournisseurs. Il prend également en compte toutes les données liées au développement et au contrôle de la sécurité du cosmétique et de ses ingrédients. Il relate aussi l’ensemble des expérimentations animales faites dans le cadre des réglementations et des lois de pays tiers. Le dossier doit aussi contenir le rapport sur la sécurité du produit incluant des données sur le profil toxicologique des substances et en indiquer clairement les sources (expérimentation animale ou non).   A noter aussi que chaque Etat membre a la possibilité de demander à la Commission d’accorder une dérogation lui permettant d’effectuer des tests sur les animaux. « L’application de l’interdiction de mise sur le marché continuera de dépendre d’une décision que l’autorité compétente de l’État membre concerné prendra au cas par cas […]. »

 

Les alternatives aux tests animaux

 

Les alternatives cruelty free : kick fear out!

 

Les défenseurs des tests animaux (« in vivo ») ont toujours soutenus qu’il n’est pas encore possible d’arrêter complètement ce type de tests. Selon eux, l’expérimentation animale reste le meilleur moyen pour mesurer les effets des substances potentiellement nocives contenues dans les cosmétiques. En particulier pour évaluer la toxicité de doses répétées ou la toxicité des cosmétiques pour la reproduction (ainsi que leur toxicocinétique). D’un point de vue scientifique, il faut aussi bien noter que les tests effectués sur les animaux n’apportent que des données estimatives qui ne permettent pas de prédire à coup sûr la toxicité pour les humains. Ils posent également des problèmes d’interprétation sur le potentiel toxique d’une substance. Le recours exclusif à des tests alternatifs (in vitro ou in silico) ne signifie donc pas forcément moins de sécurité pour les consommateurs.   Il existe aujourd’hui plusieurs alternatives (« in vitro ») pour des tests d’irritation, de corrosion et de sensibilisation de la peau et de l’œil :

 

  • l’épiderme humain reconstruit in vitro pour tester la corrosivité cutanée (EpiSkin, EpiDerm, SkinEthic, EpiCS, Corrositex…)
  • la cornée humaine reconstruite in vitro pour tester la corrosivité oculaire (EpiOcular, Eyetex…)
  • les tests in vitro sur des cultures de cellules humaines (cytotoxicité in vitro)

D’autres pistes sont en cours de développement comme la bio-impression 3D qui consiste à imprimer des tissus humains en 3D. A noter aussi les méthodes de microdosage où des êtres humains reçoivent de très faibles quantités d’une substance pour identifier ses effets sur le corps au niveau cellulaire avec des techniques d’imagerie non-invasive (IRM et rayons X).   Ces nouvelles alternatives ont été développées notamment dans le cadre du projet SEURAT-1 (2011-2015) au budget de 50 millions d’euros (ce qui personnellement me semble faible au regard des enjeux). Elles peuvent même être considérées comme d’autant plus fiables dans la mesure où elles posent moins de problèmes de variabilité et de difficulté d’interprétation des résultats que les tests animaux. Elles permettent aussi d’obtenir des résultats plus rapidement. Au niveau du coût, elles sont également moins chères. L’achat, l’entretien des animaux, les infrastructures nécessaires à ce type d’expérimentation constituent en effet, un coût important.   Cependant, l’évaluation de la toxicité sur l’ensemble de l’organisme (systémique) est quant à elle beaucoup plus difficile à prévoir car les effets à étudier ne se limitent pas au contact local entre le corps et l’ingrédient. Il en est de même pour les effets chroniques sur la santé car les alternatives aux tests animaux pour évaluer ce genre d’effets sont particulièrement complexes à développer. Il s’agit de combiner des méthodes in vitro avec des technologies in silico de simulations sur ordinateur (simulation 3D de réactions organiques, utilisation de bases de données, analyses toxicologiques prédictives…).

 

Qu’en est-il des cosmétiques vendus en Chine ?

 

Depuis juin 2014, la Chine a renoncé aux tests animaux pour de nombreux produits finis, à condition qu’ils soient fabriqués sur son sol. Les tests animaux ne sont donc plus obligatoires excepté pour quelques produits : colorations capillaires, traitements lisseurs, déodorants et crèmes solaires…   Ce changement concerne exclusivement les entreprises qui fabriquent leurs produits en Chine. En effet, les entreprises qui fabriquent leurs produits à l’étranger ont encore l’obligation d’effectuer leurs tests sur les animaux. Ainsi, tous les produits importés en Chine sont systématiquement testés.   De grandes marques connues de tous, qui se positionnent comme des cosmétiques naturels affirment ne pas faire de tests animaux alors qu’elles vendent leurs cosmétiques en Chine et font donc tester leur produits pour ce marché. En revanche, il est à noter qu’aucune exigence de tests sur les animaux n’est imposée aux cosmétiques achetés sur les sites e-commerce étrangers et livrés en Chine.   Avec toutes ces réglementations, il peut être difficile de s’y retrouver pour le consommateur qui souhaite utiliser des produits non testés sur les animaux. Fort heureusement, il existe différents labels qui peuvent nous aiguiller.

 

Comment être sûr que les cosmétiques que j’achète ne sont pas testés sur les animaux ?

 

Différents labels en cosmétiques permettent d’avoir une garantie que les soins cosmétiques ne font pas l’objet de tests sur les animaux. Il existe des labels spécialisés, des labels bio ou encore des produits 100% d’origine naturelle certifiant que les marques ou les produits ne sont pas testés sur animaux.

 

Les labels spécialisés

 

Les labels cruelty free en cosmétique

 

  • One voice : One voice est une association française qui œuvre en faveur des droits des animaux « de laboratoires » ou à fourrure, des animaux de cirque, d’élevage et de compagnie. Il existe deux labels One voice qui garantissent que le produit ne fait pas l’objet de test sur les animaux (au sein de l’Union Européenne) et qu’il ne contient pas d’ingrédients d’origine animale à l’exception des produits de la ruche (miel, cire d’abeille, pollen). Le label One voice de couleur bleue garantit que le produit est bio et sans ingrédients d’origine animale (sauf ingrédients de la ruche), et qu’aucun test animal n’est effectué pour le produit. Le label One voice de couleur orange possède les mêmes garanties que le label bleu, en revanche il certifie également que le produit est bio. A noter que One voice ne labellise pas une marque mais des produits et que le label n’est pas retiré si le produit est vendu en Chine (il faut donc être vigilant et se renseigner au préalable sur la marque).

 

  • Label IHTK : il s’agit du label de l’Union allemande en faveur de la protection des animaux. Il garantit que la marque de cosmétiques n’effectue aucun test sur les animaux pour les produits finis ou pour leurs ingrédients.

 

  • Label HCS (Human Cosmetics Standard) – HHPS Humane Household Products Standard) ou « Leaping bunny » du programme européen ECEAE (European Coalition to End Animal Experiments).

 

  • La PETA : propose les labels « cruelty-free » et « vegan & cruelty-free ». Cet organisme américain recense toutes les marques qui déclarent avoir banni les tests sur animaux. Par ailleurs, ils sont considérés pour la plupart comme les plus sûrs parmi les labels « non testés sur animaux ».

 

  • CCF (Choose Cruelty-Free) : ce label d’origine australienne est réputé sérieux. Il garantit qu’une marque n’effectue aucun test animaux et qu’elle ne vend pas ses produits dans un pays autorisant l’expérimentation animale.

 

Les labels bio

 

Les labels bio ne suffisent pas à garantir qu’une marque ou un produit n’est pas testé sur les animaux. Vérifiez donc que le label bio est associé à un label cruelty free, vous aurez ainsi une garantie qu’aucune expérimentation animale n’est effectuée. Pour en savoir plus sur les différents labels bio, vous pouvez consulter mon tableau comparatif des labels bio.

 

Les cosmétiques véganes

 

Les cosmétiques véganes n’utilisent aucun ingrédient d’origine animale dans leur formulation. Lait, cire d’abeille, miel, lanoline, carmin sont donc des ingrédients proscrits. Attention, même si cela semblerait couler de source, vérifiez bien que la marque possède aussi un label cruelty-free. Cela permet d’être sûr qu’aucun test animal n’est effectué chez la marque.

 

Les cosmétiques 100 % naturels

 

Les cosmétiques dont la formulation n’utilise que des ingrédients d’origine 100 % naturelle ne sont en principe pas soumis à la Réglementation REACH. En effet, les substances naturelles non transformées chimiquement figurent parmi les matières n’étant pas concernées par la Réglementation REACH (entrées 7 et 8 de l’Annexe V de l’ECHA).
A noter qu’il est possible, mais loin d’être sûr, que les huiles essentielles les plus produites en Europe, soient concernées par REACH. Elles peuvent en effet, être identifiées comme substances potentiellement à risque selon la Directive 67/548/CEE.

 

En conclusion, malgré l’interdiction officielle des tests animaux qui va bien-sûr dans le bon sens, les investissements sur la recherche d’alternatives doivent encore augmenter. Ces méthodes ont été utiles en leur temps mais nous ne pouvons plus les accepter. Pour être sûr de n’utiliser que des produits sans cruauté pour les animaux choisissez des produits de marques labellisées par des labels spécialisés ou par des labels bio ou des marques dont les produits sont 100 % d’origine naturelle.   J’ajoute aussi que si l’on est sensible à la cause animale, on ne peut pas non plus tolérer que les produits cosmétiques contiennent des ingrédients tels que les dérivés d’huile de palme. Ceux-ci provoquant une déforestation massive qui cause une souffrance humaine et animale inacceptable en Asie du Sud-Est et en Afrique. Veillez donc aussi à ce que vos produits cosmétiques soient exempts de dérivés d’huile de palme.

 

Les cosmétiques 100% d'origine naturelle : make a difference!

 

Les soins oOlution sont 100% d’origine naturelle et ne contiennent absolument aucune substance nocive pour les humains ou les animaux, ni aucuns dérivés d’huile de palme. Nos soins ne sont pas testés sur les animaux, tout comme les ingrédients que nous utilisons. Ils sont entièrement fabriqués en France, labellisés « cruelty free » par la PETA et en voie d’obtenir le label « vegan & cruelty free ».

 

   

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À propos de l'auteur


Anne-Marie Gabelica
Ingénieure agronome diplômée en biochimie, Anne-Marie Gabelica a fait ses armes dans le secteur des cosmétiques durant 6 ans. Convaincue qu'une alternative au modèle actuel des cosmétiques (promesses marketing illusoires, manque de diversité dans les actifs, ingrédients inutiles et/ou dangereux, omniprésence des dérivés d'huile de palme) est possible, elle prend le chemin de l’entrepreneuriat militant. Anne Marie fonde alors oOlution pour réconcilier le bon pour soi et le bon pour tous.   Retrouvez chaque semaine les conseils d'Anne-Marie dans l'émission La Quotidienne sur France 5, disponible en replay juste ici ! Suivez son actualité sur sa page Facebook et sur Twitter @AMGabelica.

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4 commentaires sur “Cosmétiques : la vérité sur les tests animaux

  1. bonjour,

    je serais intéressée par certains de vos produits. je suis vegan et j’aimerai savoir si vos produits sont testé sur les animaux (matières premières ou produits finis).

    cordialement

    1. Bonjour Mélanie !
      Désolés de cette réponses tardive. Nos soins ne sont en aucun cas testés sur les animaux (ni ingrédients, ni produits finis) et ne contiennent aucun produits d’origine animale. Nous sommes d’ailleurs labellisés Cruelty free et vegan par la PETA.
      Belle journée ! :)

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